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Le nexus du docteur Erdmann, Nancy Kress

Le nexus du Dr Erdmann

Oui mais non

Je poursuis mes lectures dans la fameuse collection Une Heure-Lumière du Bélial que l’on ne présente plus. Tu auras remarqué lecteur que je ne fais rien dans l’ordre et que je ne déroge pas à la règle quant à cette collection.

Je vais aborder cette critique d’une manière différente cette fois – ci car j’ai surtout envie de vous parler de ce qui m’a déplu 🙂 Je n’ai même pas envie de faire le speech du bouzin, je vous renvoi à d’autres sources pour cela (et je ne vais pas me contenter de balancer le quatrième de couverture car je considère que ça n’a strictement aucun intérêt sur un blog de chroniques) Tout d’abord, je n’ai clairement pas adhéré aux personnages, ils m’ont, pour la plupart, au mieux laissé indifférent au pire clairement agacé. Je m’explique. La petite ménagerie qu’ils forment ne m’a jamais interpellé, leurs folles péripéties gérontologiques se sont révélées pour moi particulièrement ennuyeuses. Il y a bien le protagoniste principal, le docteur Erdmann, pas le moins caricatural du reste, qui remonte le niveau un tantinet. C’est un ancien scientifique de renom, la science est tout pour lui, le genre à s’enorgueillir de disposer de toutes ses capacités cérébrales à son âge avancé au détriment de ses capacités physiques, ce que je trouve absurde à titre personnel d’ailleurs, le bien – être physique est aussi important que l’épanouissement intellectuel mais bon c’est un autre débat. Ce faisant, on ne s’extirpe pas de la caricature la plus facile qui soit et, pour le reste des pensionnaires de la maison de retraite, c’est également un amalgame de caricatures simplistes (l’adepte du yoga mystique, l’ouvrier grincheux et brusque, la commère, l’ex danseuse élégante, bref). Ainsi les personnages ne sont pas le moins du monde intéressant en ce qu’ils sont trop polarisés sur tel ou tel aspect de leur personnalité. Il n’y a aucune ambivalence, on devine très bien comment ils vont réagir et on les voient arriver à 10 kms comme on dit.

Science – fiction ?

La question peut surprendre, j’en conviens. Le fait est que le fond SF du bouquin est quant à lui très peu exploité et quand je dis très peu, ça tient sur deux pages à tout casser. Pourtant l’idée est intéressante, vraiment, mais aurait méritée un développement plus fourni, en tout cas l’autrice aurait pu allégrement tailler à la serpe la partie “vis ma vie de personne âgée” pour développer son idée. Du coup, quand on arrive à la fin, la déception pointe; c’est expédié aussi vite que c’est venu et on se demande quel était le but en fait. Ce qui me chiffonne, c’est que j’ai l’impression que l’aspect SF du bouquin n’est qu’un prétexte au développement d’une idée quasi mystique finalement. On raccroche ce Mystère à une explication pseudo scientifique en omettant quelques raisonnements utiles au lecteur. Le fond de ma pensée c’est que j’ai refermé le livre en ayant l’impression de m’être fait avoir. C’est embêtant.

Pour ce qui est du style, RAS, ni extase ni déception. je ne connaissais pas Nancy Kress avant d’avoir lu ça. C’est un style que je qualifierais de direct, simple, parfois un peu pédant, en tout cas rien d’exceptionnel mais sans être non plus énervant outre mesure.

Et pour les côtés positifs… Je serai bien en peine de trouver quelque chose. Ah si, la taille du livre qui permet de passer à autre chose rapidement.

J’ai pu constater que je ne suis pas du tout sur la même ligne que les autres chroniques que j’ai pu lire ici ou là; c’est bien la preuve que l’on peut à juste titre apprécier cette collection sans forcément aimer tous les livres qui l’a compose. J’avais été beaucoup plus enthousiasmé par Dragon et Un pont sur la brume, qui sont, pour moi, d’un tout autre niveau. Et je suis en train de lire L’homme qui mit fin à l’histoire de Ken Liu et là, c’est vraiment encore un niveau au – dessus ! (chronique à venir)

Note du bouquin :

Le nexus du docteur Erdmann
Nancy Kress
Une Heure-Lumière, Bélial
160 pages

Vous pouvez utilement consulter les avis de : Lutin, Blackwolf, Feydrautha, l’ours, le chien critique, Samuel Ziterman, Yogo, Lorkhan,

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La ménagerie de papier, Ken Liu

  1. Ah ! Voilà un avis sur ce livre que je partage pleinement. Je commençais à me sentir un peu seul face à tous les avis positifs.

  2. Je partage ton avis : je n’accroche vraiment pas. Un autre livre qui m’a laissé plutôt froid, dans cette collection : le Regard.

    Par contre, sans te spoiler ta lecture, je te confirme que l’Homme qui mit fin à l’Histoire, ça ne laisse pas indifférent. Pour ma part, j’ai vraiment aimé. Non pas que j’en sois sorti émerveillé, mais ébranlé. C’est le genre de livres que l’on repose, et dont on ne peut s’empêcher de méditer le propos pendant quelques minutes, quelques heures. Le genre de livre dont on entend encore les échos, dans un coin de l’esprit, quelques années après.

    • Tout à fait d’accord, je l’ai quasiment terminé et on n’en sort pas indemne c’est clair. Un livre choc sur un sujet délicat mais excellemment bien traité par Ken Liu

  3. Complètement d’accord avec toi, à la fois sur l’absence d’intérêt de la reproduction du résumé de la quatrième sur un blog de chroniques et sur le caractère particulièrement frustrant d’une soi-disant science-fiction où le prétexte SF est aussi réduit (deux pages…). De plus, j’ai, pour ma part, lu Kress à plusieurs reprises, et j’ai du mal à saisir en quoi c’est une auteure majeure : de son style sans attrait à une Hard-SF qui est atomisée par la plupart des autres écrivains de ce sous-genre, il n’y a vraiment pas de quoi s’extasier.

  4. ah! oui! Un peu sévère pour le coup! LOL

    • Quand un livre me laisse une excellente impression je le dis également 🙂 J’essaie autant que possible d’être le plus juste possible. Sévère sans doute mais toujours juste. Après on reste dans le domaine du ressenti, heureusement que tout le monde n’est pas unanime

  5. Je te rejoins sur le côté SF absent, chez un éditeur SF, ça fait bizarre. Et les seuls deux trois éléments présents sont dynamité par le mysticisme !
    Par contre, j’avais apprécié les personnages et l’histoire, ce qui beaucoup amoindri ma déception. Ce qui me fait penser que cette collection n’est pas très SF : Dans le Ken Liu de L’homme qui … , la SF est “prétexte”, idem pour Un pont sur la Brume, Cerés…
    En fait, l’important est le récit et les persos, si il nous transporte, un univers peu SF peut nous convenir, mais si c’est l’inverse, le côté SF nous manque.
    Et tu as admirablement résumé le côté positif ;p

    • En effet tu as raison, la SF est peu marquée globalement, sans doute le format court se prêtant davantage à un développement des personnages délaissant de fait le côté SF ?(qui nécessite plus de pages pour établir les postulats de base).
      Pourtant j’ai trouvé l’idée de N.Kress très intéressante niveau SF mais sous-développé c’est dommage.

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