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La ménagerie de papier, Ken Liu

La ménagerie de papier

Un magnifique recueil

La ménagerie de papier est un recueil de nouvelles de Ken Liu. C’est ma première lecture de cet auteur et, bon dieu, quelle surprise !

Vous le savez peut – être, j’ai une passion pour l’Histoire. Et la SF bien entendu. Quel ne fût pas mon plaisir de découvrir un auteur capable de conjuguer les deux à la perfection ! Ken Liu est un auteur américain d’origine chinoise (d’ordinaire, cela m’insupporte que l’on définisse quelqu’un en rappelant constamment ses origines, mais là, cela fait sens car sa touche orientale transparaît dans ses écrits et ça permet d’expliquer beaucoup de choses dans ses thèmes de prédilection).

Difficile d’être exhaustif quand on veut chroniquer un recueil de nouvelles. Parfois, la qualité est inégale entre les nouvelles et cela peut faciliter les choses, d’une certaine manière. On évoque celles que l’on a aimé et on émet une réserve sur les autres. Ici, j’ai trouvé que les nouvelles se complétaient bien. Les approches sont très variées et, pourtant, Ken Liu tourne toujours autour des mêmes thèmes m’a-t-il semblé : la mémoire, l’Histoire, la famille, le lien social, ce qui donne du liant au recueil, une certaine cohérence. Elles se complètent également par leurs tailles, certaines ne font que quelques pages, quant d’autres se déploient sur quelques dizaines de pages.

Non seulement les nouvelles se complètent bien mais en plus je n’en ai trouvé aucune en deçà des autres. Bien sûr, j’ai été plus ou moins touché par certaines mais globalement aucune n’est particulièrement mauvaise bien au contraire ; on surf entre le très bon est l’excellent.

La ménagerie de papier

Comment ne pas commencer par la nouvelle éponyme du recueil. Cette nouvelle m’a scotché. J’ai rarement été aussi touché par un texte. Ici pas de hard SF, de dystopie ou autre, c’est une histoire à la fois simple et poétique, un écho du passé, une réflexion sur les origines, sur l’intégration. Le tout saupoudré d’une touche fantastique qui anime des origamis… À la lecture on ne peut s’empêcher d’y voir l’enfance de Ken Liu rendant le texte d’autant plus émouvant qu’il semble nous parler, nous interpeller mais aussi et surtout, nous faire rêver… Je le redis, cette simple nouvelle justifie allégrement l’achat du recueil.

Il y a bien aussi Mono no aware qui, comme dans la ménagerie de papier, est une ode au sacrifice des parents pour leurs enfants, un éloge à la dignité de tout un peuple aussi, les japonais qui, confronté à un désastre mondial et à un exode forcé font preuve d’une incroyable philosophie. J’ai été entièrement conquis par cette nouvelle, pas seulement parce que j’aime ce pays, mais parce que Ken Liu a su y instillé ce particularisme nippon, cette dignité qui leur fait tant honneur, la vision qu’ils ont de l’harmonie en toute chose. Pour tout vous dire, j’ai été bluffé par la compréhension de ce peuple par Ken Liu, on sent son grand intérêt pour ce pays (en tout cas l’inverse me surprendrait).

Ken Liu est aussi bon quand il évoque des thématiques plus pointus. On peut citer l’erreur d’un seul bit où il évoque avec talent la possibilité d’une interaction de photon avec la psyché humaine rendant possible toute sorte de vision, de défaillance mécanique, etc. Je ne veux pas trop spoil mais c’est brillant !

Il aborde aussi la religion, dans Le Golem au GMS notamment. Une réécriture de la création du Golem dans un vaisseau spatial à destination d’une lointaine colonie. Il utilise pour cela une fillette et la nouvelle est écrite sur le ton de l’humour, c’est bienvenu !

Les dérives de la technologie sont aussi présentes, dans Faits pour être ensemble et dans Emily vous répond. Dans la première on y voit un logiciel d’assistance personnel qui annihile toute réflexion de son propriétaire en lui imposant sa volonté et la deuxième est intelligemment rédigée et fait allusion à l’effacement de mémoire (non sans humour d’ailleurs au final).

En conclusion

Voilà, je pourrais toutes les résumer mais ça n’apporte pas grand chose et le plaisir de la découverte n’a pas d’équivalent. J’espère juste vous avoir donné suffisamment envie de vous y plonger. Un petit mot sur le style de l’auteur : vraiment très bon, Ken Liu a une capacité immersive assez impressionnante même sur des nouvelles qui n’alignent que quelques pages. Il fait parfois preuve de poésie et si je devais qualifier son écriture en un seul mot je dirais quelle est bienveillante.

En bref, vous l’aurez compris, j’ai été enchanté par ce recueil que je mettrais un cran au – dessus de La tour de Babylone de Ted Chiang que j’avais aussi vraiment adoré. Je vous le recommande très sincèrement !

Note du bouquin :

La ménagerie de papier
Ken Liu
Folio SF
506 pages

Vous pouvez utilement consulter les avis de : Célindanaé, Blackwolf, Feydrautha, Jaw, Le chien critique, Xapur, Le maki, Lorkhan,

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  1. J’avais beaucoup aimé de recueil, mais je le mets tout de même un poil au-dessous de La tour de Babylone de Ted Chiang. Une écriture “bienveillante” ? Oui, c’est bien vu !

  2. Baroona

    J’avais presque été “déçu” de cette lecture : j’avais trouvé ça bon, mais pas la baffe à laquelle je m’attendais. Je te rejoins par contre sur le fait que le niveau est vraiment homogène, c’est rare pour un recueil.

  3. Aldaran

    Je relève également « écriture bienveillante ». Effectivement bien vu.
    Même sur d’autres textes plus sombres, ça correspond bien.

  4. Quand tu écris que ce n’est pas de la Hard SF, je pousse un ouf de soulagement ^^ lol. Il est dans ma wishlist. Il a fait grand bruit à sa sortie et c’est vrai que si j’ai un jour l’occasion, je ne le raterai pas ^^ Belle critique, comme toujours 😉 ça transpire la bonne expérience en tout cas 🙂

  5. Ah! ben ça c’est du coup de cœur! je suis donc heureuse de l’avoir dans ma PAL.

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